Thelma et Louise, un Road movie féministe

Route66 Rail Haven Motel à Springfield, Missouri
Ci-dessus : Route 66 Rail Haven Motel à Springfield, Missouri.

Ce road-movie cultissime, icône du mouvement féministe, fut vivement critiqué lors de sa sortie en 1991. Ridley Scott plante son intrigue entre l'Arkansas et l'Arizona, dans un décor de stations-service abandonnées, de motels d'autoroute fatigués, de bitume abîmé. Les deux héroïnes, Thelma l'épouse modèle et son amie Louise, plus âgée, plus pondérée, plus mystérieuse aussi, vont y vivre ce qui ne devait être qu'un gentil week-end à la montagne. Il va basculer en cavale meurtrière.

Thelma et Louise, c'est la confrontation de la violence, des hommes et des femmes : le « girl power » mode « dark », sans chichis, sans paillettes, avec des armes, de l'alcool, du sexe et du sang.

Pour la première fois, un road-movie – genre exclusivement masculin jusque là - met en scène deux femmes sans scrupules qui agissent, baisent, vivent et se défendent « comme des mecs ».

La scénariste Callie Khouri, récompensée par un Oscar en 1991, souhaitait écrire quelques chose de différent, d'inédit au cinéma. Dans un entretien au Time Magazine – dans lequel elle se défend de haïr les hommes ! – elle relève les rôles éternellement passifs que les femmes campent dans les road movies... simplement parce-que ce ne sont jamais elles qui conduisent !

A bord de leur décapotable Ford Thunderbird 1966, les deux héroïnes imaginées par Callie Khouri conduisent, trop vite, boivent du whisky, beaucoup, et écoutent de la musique, à fond. Sur les bords de la route se succèdent les rencontres. Bonnes et mauvaises. Surtout mauvaises Des hommes, beaucoup. Parmi lesquels un sacré paquet de sales types.

A commencer par le mari de Thelma, archétype du connard autoritaire et égo-centré que Thelma n'ose pas informer de ses projets de week-end avec Louise.

Puis ce type, dans un bar enfumé, avec lequel Thelma flirte un peu. Et ça dérape, sur le parking. Tout bascule. La cavale commence.

Ensuite, il y a ce beau gosse qui fait de l'auto-stop (Brad Pitt ; ce long-métrage lance sa carrière et lui colle l'étiquette de playboy dont il aura du mal à se débarrasser...), un gamin. Il braque des stations-service et offre à Thelma la trentenaire son premier orgasme. Un tournant décisif pour cette femme naïve – il leur volera toutes leurs économies - qui va désormais prendre les choses – et sa vie - en main.

Il y a aussi des gentils flics, des sales camionneurs et un mec, celui de Louise, le seul sur lequel on peut vraiment compter...

La cavale des deux femmes s'achève en Arizona, à fleur de falaises du Grand Canyon. La scène finale est tout simplement mythique ; une séquence spectaculaire parodiée à d'innombrables reprises.